69 BRYONE DIOÏQUE
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(à partir du 9 décembre)
Aujourd’hui nous allons découvrir une plante assez commune, mais très toxique :
la Bryone Dioïque !
On l’appelle aussi Bryone, Navet du Diable, ou Vigne Blanche, mais aussi Herbe de Feu ou encore Mandragore grimpante.
La Bryone Dioïque est une plante sauvage des haies, des talus et des lisières.
Elle intrigue autant qu’elle inquiète, car toute la plante est toxique !
Les fruits et la racine charnue ne doivent jamais être ingérés, et même pour manipuler
la plante, il est préférable de porter des gants !
C’est une plante très courante partout en France, et notamment dans nos jardins,
c’est pourquoi il est utile de la connaître et de savoir la reconnaître, ne serait-ce que…
pour ne pas la toucher à mains nues en désherbant.
Elle a toutefois des propriétés médicinales intéressantes, et fait encore, à l’heure actuelle,
l’objet de recherches.
Présentation
La Bryone Dioïque, Bryonia dioica, appartient à la famille des Cucurbitacées.
Elle est commune dans les haies, les lisières de forêts et les terrains incultes en Europe,
en Asie et en Afrique du Nord.
Elle pousse sur des sols bien drainés et ensoleillés, souvent dans les régions tempérées.
C’est une plante herbacée vivace, à souche tubéreuse.
Elle pousse sous forme de tiges, et peut être grimpante ou rampante.
Elle mesure en général entre 3 et 6 mètres de long.
- Sa tige est herbacée, souple, très ramifiée.
Elle grimpe à l’aide de vrilles puissantes.
- Ses feuilles sont grandes, arrondies, alternes.
Elles ont 5 lobes peu profonds.
Elles sont poilues sur les 2 faces, et sont un peu rugueuses au toucher.
Elles sont de couleur vert moyen.
- Ses fleurs sont petites, vert jaunâtre, séparées selon le sexe, sur des pieds différents :
* les fleurs mâles sont en grappes, à l’aisselle des feuilles
* les fleurs femelles sont plus solitaires, et sont portées par des rameaux plus courts.
La floraison a lieu de mai à juillet.
- Ses fruits sont de petites baies rouges vifs à maturité ; on les appelle des "bryonies"
Ils ressemblent à des petites groseilles rouges.
Chaque baie contient de 4 à 6 graines aplaties d’à peu près 3 mm de diamètre.
- La Bryone Dioïque a une très grosse racine tubéreuse, charnue, pivotante,
blanc-jaunâtre.
Elle ressemble à un gros navet ou à une betterave, d’où son surnom de «Navet du Diable».
C’est la partie la plus toxique !
Elle peut descendre jusqu’à 40 cm de profondeur, et mesurer plus de 20 cm de circonférence.
Elle a une odeur forte et désagréable.
Histoire et Usages Traditionnels
- Dans l’Antiquité, la Bryone Dioïque était utilisée en médecine populaire, malgré sa toxicité.
Les Grecs anciens la considéraient comme une plante purgative très puissante.
Dioscoride mentionne les vertus de ses fruits et de ses racines en cataplasme sur les plaies gangrenées.
- Au Moyen-Age, dans les campagnes, on utilisait sa racine râpée contre les douleurs
articulaires uniquement en usage externe.
Elle servait aussi à traiter la lèpre.
- Au 18ème siècle, elle était surnommée «l’Herbe Féroce».
On l’utilisait alors comme vomitif et purgatif puissant, sous forme de sirop
Pour obtenir ce sirop, on laissait fondre un peu de sucre directement dans un trou percé sur une racine de Bryone Dioïque.
Propriétés Médicinales
La Bryone Dioïque est potentiellement très toxique si elle est mal dosée, ou utilisée de manière incorrecte.
On utilise principalement ses racines et ses feuilles.
Les fruits sont extrêmement dangereux pour les enfants et les animaux, surtout s'ils sont
ingérés avant leur maturité.
L’ingestion de petites quantités peut entraîner des symptômes graves comme des vomissements, de la diarrhée, des convulsions et dans les cas extrêmes, la mort.
Toute la plante est à manipuler avec précaution, avec des gants de préférence.
Sa racine souterraine peut provoquer des dermites irritantes par simple contact cutané.
La Bryone Dioïque a cependant des propriétés médicinales intéressantes :
- laxatives puissantes : elle était souvent utilisée dans le passé pour traiter la constipation sévère. Cependant, elle doit être utilisée avec une grande prudence.
- anti-inflammatoires : cela en fait un remède traditionnel pour les affections articulaires comme l'arthrite, les douleurs musculaires, et les épanchements de synovie.
- toniques et antivirales : elle est utile pour renforcer l’immunité
- anticancéreuses : certaines recherches préliminaires, menées depuis 2020, suggèrent que des extraits de Bryone Dioïque pourraient inhiber la croissance des cellules cancéreuses, mais cela reste à confirmer par des études plus approfondies.
- antispasmodiques et analgésiques : elle peut avoir un effet relaxant sur les muscles et soulager les douleurs dues aux spasmes musculaires.
- adaptogènes : elle rééquilibre l’organisme en cas de fatigue physique ou psychique.
Elle aide à s’adapter au stress.
** Les baies de bryone, bien mûres, peuvent être écrasées en compote pour en faire
un cataplasme efficace sur les ulcères indolents.
En décoction dans de l’eau et un peu de vinaigre, elles constituent une lotion contre la gale,
la teigne et autres parasites de la peau et du cuir chevelu.
** Les graines, quant à elles, seraient redoutables face au ténia.
- Précautions :
En raison de sa toxicité, la Bryone Dioïque n'est pas recommandée à des fins médicinales sans l’avis d’un professionnel de santé qualifié.
- Réglementation :
«Les parties souterraines de la Bryone sont inscrites en liste B de la Pharmacopée: plantes médicinales dont les effets indésirables sont supérieurs au bénéfice
thérapeutique.»
Utilisations Culinaires
Aucune ! La Bryone Dioïque est toxique à tous les stades.
Conseils de Récolte et Préparation
- La Bryone Dioïque n’est plus récoltée en herboristerie conventionnelle.
- Les amateurs avertis de botanique ou d’ethnopharmacologie récoltent les racines de Bryone Dioïque à l'automne ou au début du printemps.
- Les feuilles, elles, peuvent être cueillies au printemps, avant la floraison.
Autres Usages & Anecdotes
- Elle est parfois plantée dans les jardins comme grimpante ornementale pour garnir
des tonnelles ou des gloriettes, elle a un pouvoir couvrant vraiment important et sa floraison s’étale sur plusieurs mois, elle est donc très esthétique pour peu d’entretien.
Il en existe d’ailleurs des variétés ornementales dans le commerce.
Attention cependant si vous avez des enfants en bas âge et des animaux, chaque année
on relève des cas d’intoxication et de brûlures sévères.
- La Bryone Dioïque est très mellifère et attire de nombreux pollinisateurs et autres
insectes.
**Parmi eux, on peut citer l’Andrène de la bryone (Andrena florea), une petite abeille
solitaire qui utilise exclusivement le pollen de la Bryone Dioïque pour garnir les cellules
de ses galeries souterraines et nourrir ses larves.
On la reconnaît aux 2 bandes rouges que l’on distingue bien à l’avant de son abdomen.
** La coccinelle de la Bryone, Henosepilachna argus, est aussi une inconditionnelle
de la Bryone Dioïque.
C’est une coccinelle végétarienne, qui se nourrit exclusivement des feuilles de Bryone.
- La Bryone Dioïque a été l'objet de nombreuses légendes et histoires populaires.
Elle était souvent vue comme une plante mystérieuse et "magique", à la fois puissante
et dangereuse, car son utilisation nécessitait des connaissances approfondies.
- De plus, les racines de la Bryone Dioïque présentent parfois des formes anthropomorphes, qui font penser aux racines de Mandragore, plante magique mythique mais
difficile à trouver en France.
Les charlatans du Moyen-Age sculptaient donc des racines de Bryone Dioïque pour faire
des mandragores de substitution.
- Elle a longtemps été associée à des rituels de protection.
On la plantait autour des habitations et des domaines pour protéger les cultures et les animaux domestiques.
Bref...
Belle, rampante et redoutable, la Bryone Dioïque nous rappelle que dans la nature, beauté et danger vont parfois de pair.
Chez l’enfant, 15 baies suffisent pour provoquer la mort…
Elles sont cependant très appétissantes, de la taille d’une groseille…
La Bryone Dioïque est à l’étude pour ses potentielles vertus cancéreuses, mais
elle peut provoquer des dermites et des brûlures graves si l’on est en contact direct avec sa racine ou le suc de ses baies…
Toujours cette dualité chez la Bryone Dioïque…
Sauvage mais cultivable…
Aussi redoutable qu’extraordinaire dans ses vertus…
Esthétique, sans aucun entretien et méga vivace…
Mais aussi… potentiellement dangereuse…
La Bryone Dioïque n’a sûrement pas livré tous ses secrets…
Essayez de la remarquer
dans votre environnement…
Et vous verrez qu’elle est partout...
POUR ALLER PLUS LOIN AVEC LA BRYONE DIOÏQUE...
(Cliquez sur les images)
PAS DE RECETTES A BASE DE BRYONE DIOÏQUE !!!...